OpenAI envisagerait de casser les prix du token, et Anthropic suivrait. On nous vend ça comme un cadeau. Rien de sûr pour l'instant.
Le Wall Street Journal a sorti l'info cette semaine, reprise par Next. OpenAI réfléchit à baisser drastiquement le prix de ses tokens. Les discussions sont encore floues, mais l'intention est là.
Et le but affiché est simple : aller chercher les clients d'Anthropic avant que tout le monde parte en Bourse.
Sam Altman a lâché que le coût du token était un "gros problème" et qu'il allait trouver des moyens de faire faire plus à ses clients en dépensant moins. Très bien.
Sauf que quand un patron qui brûle des milliards par an vous annonce qu'il va baisser ses prix, ce n'est pas de la philanthropie, c'est du marketing.
C'est quoi le scoop, au juste ?
Les faits d'abord, sans emballage marketing.
- OpenAI envisage de réduire fortement le prix du token, en anticipant des baisses chez Anthropic.
- Les deux labos sont en course vers l'IPO. OpenAI a déposé son dossier confidentiel le 8 juin, Anthropic est sur la même trajectoire.
- Le déclencheur, c'est Claude Code. L'outil est devenu un réflexe quotidien chez les devs et a propulsé Anthropic. OpenAI a riposté avec Codex, mais a pris du retard.
Donc on a une boîte en retard qui veut reprendre la main par le prix, juste avant de se présenter aux investisseurs.
Ça, ce n'est pas une baisse des prix, c'est du dumping pré-IPO.
Pourquoi maintenant ?
Parce que les deux labos jouent une partie à deux niveaux.
D'un côté ils doivent montrer aux investisseurs une croissance insolente pour justifier des valorisations qui frôlent le mille milliards. De l'autre ils doivent verrouiller le marché avant que les clients ne se réveillent.
Et c'est exactement le scénario qu'on a déjà vu dix fois. Uber, Netflix, Booking. On grandit d'abord à perte, on inonde le marché, on crée le réflexe, et on s'occupe de la rentabilité plus tard. Une fois que le client est captif, les prix remontent.
La vérité c'est que casser les prix aujourd'hui, c'est acheter de la dépendance pour demain.
De même, ils aiment mettre en avant l'IPO comme raison de faire ce genre d'opération, mais je me permet de rappeler qu'une grosse partie de la concurrence n'est pas américaine mais chinoise et qu'eux baissent déjà les prix.
Le prix du token baisse, mon coût aussi ?
Non et c'est là que le tour de passe-passe est génial.
Le prix unitaire du token n'est qu'une moitié de l'équation. L'autre moitié, c'est le nombre de tokens qu'une tâche consomme réellement. Et cette consommation, elle, ne fait qu'augmenter.
Les boîtes qui tournent sur les modèles Anthropic s'en sont rendu compte ces dernières semaines. Opus 4.7 et les suivants crament leurs tokens nettement plus vite qu'Opus 4.6 à tâche équivalente.
Donc, si je divise le prix du token par deux mais que mon modèle en consomme trois fois plus pour le même boulot, ma facture grimpe quand même.
Diviser les usages sur les abonnements par 5, puis annoncer qu'on divise le prix par 2, ça ne s'appelle pas casser les prix.
Le prix au token, c'est le chiffre que tout le monde regarde. Le coût par tâche, c'est le chiffre que personne ne mesure. Et c'est le seul qui compte sur la facture en fin de mois.