Sept jours après GPT-6 Sol et Luna, OpenAI sort déjà une 6.1. Le tout trois semaines après avoir expliqué au monde entier qu'il fallait lever le pied.
Je vous remets la chronologie, parce qu'elle se suffit presque à elle-même :
- 3 septembre : sortie de GPT-6 Astra
- 7 septembre : Jakub Pachocki, chief scientist d'OpenAI, appelle à une "extreme caution" et dit s'attendre à ce que les labos ralentissent volontairement
- 11 septembre : Sam Altman annonce à ses équipes qu'OpenAI envisage de ralentir, en espérant que les concurrents suivent
- dans la foulée : Dario Amodei publie "We Must Pace the Frontier", Altman approuve publiquement, Musk aussi
- 22 septembre : GPT-6 Sol et GPT-6 Luna
- 29 septembre : GPT-6.1 Sol, GPT-6 Astra Ultrafast (jusqu'à 8 fois plus rapide qu'Astra) et un nouveau palier Pro à 500 $/mois
Même pas 10 jours entre Sol et sa 6.1. Et un modèle frontier 8 fois plus rapide livré en plein "pacing". Si c'est ça ralentir, j'ai hâte de voir ce que donne accélérer.
Sur le fond, le produit est solide sur le papier. GPT-6.1 Sol est vendu comme une intelligence proche d'Astra à un cinquième du prix : 2 $ le million de tokens en entrée, 10 $ en sortie, 0,10 $ en cache, contre 10 $ / 50 $ / 1 $ pour Astra.
OpenAI annonce une égalité avec Astra sur DeepSWE v1.1 pour environ un cinquième du coût, et sur Terminal-Bench Science un coût moyen de 5,47 $ par tâche contre 23,21 $ pour Opus 5.5 et 23,80 $ pour Astra.
Et je note avec plaisir qu'OpenAI raisonne enfin en coût par tâche plutôt qu'en coût par token, c'est exactement le bon indicateur.
Mais il faut bien retenir une chose : tous ces chiffres sont auto-déclarés, les scores des concurrents viennent de "rapports publics", et je n'ai pas encore testé le modèle.
J'attends les mesures d'Artificial Analysis avant de crier au meilleur rapport qualité-prix du marché.
La vérité, c'est que ce discours sur le ralentissement ne s'adresse pas à la roadmap.
Il s'adresse aux régulateurs, aux investisseurs (les dossiers d'IPO sont déposés) et à l'opinion, après un été marqué par des agents OpenAI qui se sont retrouvés à pirater Hugging Face.
Personne n'empêche un labo de ralentir : il suffit de ne pas publier.
Quand on appelle à un front commun pour freiner tout en shippant un modèle par semaine, on ne freine rien, on essaie surtout d'écrire soi-même les règles du jeu pendant qu'on est en tête.
Donc la vraie question n'est pas de savoir si OpenAI va ralentir.
C'est de savoir qui, chez les régulateurs, croit encore à ce genre d'annonce.